L'espagnol Rafael Nadal a remporté hier sa cinquième victoire consécutive au tournoi de Monte Carlo ! Le numéro un mondial s'est imposé en trois sets face au Serbe Novak Djokovic, 6-3, 2-6, 6-1. Il est désormais loin devant Nastase, Borg et Muster, auteurs de trois succès chacun en Principauté.
NADAL, RAFALE FORCE 5 !
Et à la fin Nadal lève les bras... Mais pourquoi donc disputer un tournoi sur terre battue lorsque Rafa rôde dans l'arène ? Au vu de cette vertigineuse série sur l'ocre (136 victoires pour seulement 4 défaites depuis son éclosion en 2005), à ce rythme-là, la question pourrait bien un jour être posée. Alors, on se rend à chaque rendez-vous du maestro en attendant, peut-être, une baisse de régime de sa part et en se demandant si son adversaire aura les clés pour le faire trébucher.
Hier Novak Djokovic est parvenu à ouvrir quelques portes, mais pas celle qui mène à l'exploit. On y a cru un instant, le Serbe aussi. Finalement, sa tentative échoua presque aussi près qu'en demi-finale à Hambourg, l'an passé (défaite 7-5, 2-6, 6-2), s'inclinant cette fois 6-3, 2-6, 6-3. C'est-à-dire assez loin, au bout du compte.
Un cinquième sacre
En fait, le problème reste le même. Les efforts déployés pour faire poser à l'Espagnol un genou à terre sont tels que la suite se complique souvent de manière fatale. Au terme d'un long rallye de fond de court complètement fou, Djokovic prit ainsi l'ascendant dans le premier set (3-1). Il en paya le prix fort. Asphyxié, il perdit les cinq jeux suivants. L'histoire se répéta dans le troisième acte. Mené 2-0, le Serbe alla au bout de lui-même - et d'un jeu qui dura plus d'un quart d'heure - pour reprendre le service de son adversaire (2-1). Il ne grappillera ensuite que trois malheureux petits points, laissant le numéro un mondial filer vers un cinquième sacre en Principauté après 2h43 de jeu...
Battre le record de Borg
Entre les deux, Djokovic avait profité d'une baisse de régime de l'Espagnol pour revenir à un set partout. Bien aidé par une première balle plus performante (75 % de premières balles contre 61 % dans le premier set et seulement 47 % dans le troisième), il alternait dans l'échange les trajectoires hautes et les gifles de coup droit, n'hésitant pas à terminer le travail au filet. Dans le premier jeu de la dernière manche, il se procura encore trois balles de break pour faire la course en tête. Mais Nadal résista. Sur la première, il trouva un angle impossible sur une volée amortie diablement bien touchée de Djokovic. "Cet incroyable point gagnant l'a surement reboosté et ensuite, je n'ai plus vraiment participé à l'évolution du score, expliqua rétrospectivement Djokovic, En voulant trop précipiter les choses, je me suis peut-être trompé."
Nadal, lui, est plus que jamais dans le vrai. Et s'il enchaîne à Roland Garros début juin comme il l'a fait ces quatre dernières années, il battra le record d'une légende, Björn Borg, vainqueur quatre fois Porte d'Auteuil quatre fois d'affilée entre 1978 et 1981. Mais c'est une autre histoire.
"Je n'ai pas bien servi"
S'il fait preuve d'une ponctualité métronomique pour aligner les sets et les saladiers brandis à la face du monde, Rafael Nadal l'est moins dès qu'il s'agit de se confier à la presse.
Les confrères qui suivent le circuit nous ont d'ailleurs assuré en avoir fait leur deuil... Qu'à cela ne tienne, la parole du n°1 mondial et désormais quintuple vainqueur monégasque vaut de l'or, aussi avons-nous patienté, hier, avant que Rafa daigne s'exécuter.
Du reste, pour amadouer le pékin poireautant, Tonton Toni, l'oncle-coach-gourou-chaperon, avait devancé l'appel, victime expiatoire...
Toni Nadal: "Il n'était pas très en confiance"
"J'avoue que ça a été très dur, mais ça l'était aussi l'an passé contre Federer. Il a bien débuté le match, après dans le deuxième set, Rafael a perdu sa concentration... Dans le troisième, on a eu un peu de chance avec la balle de break dans le troisième jeu... Il faudra qu'il joue un peu mieux qu'ici mais c'est le premier tournoi sur terre battue, c'est toujours difficile. Ici, il n'était pas très en confiance et son service a été incroyablement mauvais ! Mais on sait qu'on peut s'améliorer. Il manque juste de matchs".
Le rêve de Rafael
"C'est l'un des plus importants tournois du monde, historique, et les meilleurs joueurs l'ont disputé. C'était déjà un rêve de pouvoir y participé en 2003 la première fois, alors vous imaginez combien ça l'est, aujourd'hui, de le gagner pour la cinquième fois ! J'ai bien joué en début de partie alors que son tennis n'était pas au top. Ensuite, j'ai commis des fautes importantes dans le second. J'ai joué un peu court et mon service n'était pas bon. Un désastre parfois avec une deuxième balle à 120 km/h... Au début du troisième, la chance m'a souri sur un point important et j'ai ensuite très bien joué. Il faudra que je serve mieux à Barcelone".
Djokovic: "J'ai manqué plusieurs opportunités"
S'il a fait davantage qu'illusion et su, comme Murray la veille, malmener le boss, Novak Djokovic n'a pu soutenir la distance. "La balle allait très vite et j'ai su en profiter. Malheureusement, j'ai manqué plusieurs opportunités, notamment au troisième. Si ça avait tourné en ma faveur, le scénario aurait été différent. Ici comme à Roland Garros, j'ai disputé de très bons sets face à lui. J'espère avoir une autre chance cette saison !"
Article Nice Matin du lundi 20 avril 2009